Frank Valkeneers (59) de Knokke et David Gelender (37) de Vilvoorde ont participé avec 28 autres courageux coureurs au marathon de New York en novembre 2024. Et cela spécialement pour les Cliniclowns ! Chacun avait sa propre motivation pour participer. Après l’arrivée, nous leur avons posé cinq questions à propos de leur aventure spéciale dans la Grosse Pomme.
1. Qu’est-ce qui vous a poussé à courir le marathon de New York pour Cliniclowns ?
FRANK:
En 2015, on m’a diagnostiqué la maladie de Kahler. Avant ce diagnostic de cancer, je courais régulièrement des marathons et des triathlons. Après une longue rééducation et une greffe de cellules souches en 2017, j’ai prudemment recommencé à courir. Je crois énormément au pouvoir curatif de l’exercice physique. Avec mon entreprise, active dans l’immobilier d’entreprise, nous nous engageons également depuis des années auprès de diverses associations caritatives et avons même inclus cela dans notre mission sociétale. Pouvoir à nouveau courir un marathon complet signifierait pour moi un “va te faire fo**re, cancer” sans équivoque.
Lors de mes nombreuses visites à l’hôpital, j’ai été particulièrement touché par les enfants et les adolescents gravement malades. Pour eux, ce type de diagnostic est un coup dur. Les Cliniclowns les aident énormément à surmonter les moments difficiles. Courir un marathon pour soutenir les Cliniclowns : ça m’a donné deux fois plus envie !
DAVID:
J’aime énormément la course à pied et je cherchais un défi depuis un certain temps. Je connaissais déjà bien l’ASBL, à la fois par ma propre expérience lorsque j’étais enfant et malade, et par ma fille, qui a récemment été en contact avec les Cliniclowns.
J’étais donc curieux de savoir s’il était possible de combiner ma passion pour la course à pied et de soutenir leur merveilleux travail.
Plus j’en apprenais sur le sujet, plus j’étais enthousiaste. C’était la première fois que je me mettais personnellement au service d’une organisation caritative. Mais comme j’admire beaucoup la mission des Cliniclowns et que je pouvais l’associer à une activité qui me procure beaucoup d’énergie, cela m’a semblé être une occasion unique que je ne pouvais pas laisser passer.
2. Comment vous êtes-vous préparé pour le marathon ?
DAVID:
Début 2024, j’ai commencé à m’entraîner. Le fait de devoir perdre quelques kilos m’a motivé à enfiler mes chaussures de course et à me remettre en forme. J’ai commencé par des distances plus courtes et j’ai progressivement programmé des courses, comme le 10 Miles d’Anvers, pour augmenter les distances. Cette année, j’ai fini par courir plus de kilomètres que jamais auparavant !
Le fait d’avoir un objectif clair – le marathon et surtout les Cliniclowns – m’a énormément aidé. Le fait de parler de cette association et d’organiser des actions pour récolter des fonds a donné une dimension supplémentaire à ma préparation : je me suis senti encore plus connecté. L’implication des personnes qui m’entourent a contribué à maintenir ma motivation tout au long de l’année. C’était spécial de voir comment mon entourage devenait de plus en plus partie prenante de cette aventure. Il m’a été plus facile de faire le premier pas vers la porte d’entrée et de commencer mes séances d’entraînement. Bien sûr, trouver du temps pour toutes ces séances d’entraînement est resté un défi : j’ai même souvent couru la nuit. Mes amis m’appellent maintenant “David, le coureur de minuit” (rires).
J’ai également fait de la musculation pour devenir plus fort et ne pas me blesser. Vingt semaines avant le marathon, j’ai commencé un programme spécifique pour le marathon, comprenant des semaines tampons. Celles-ci se sont avérées vraiment nécessaires. Mais la structure du programme m’a permis d’amener progressivement ma condition physique au niveau souhaité. J’ai donc pris le départ en toute confiance et en pleine forme.
FRANK:
En raison de ma maladie et de ses conséquences, cela faisait longtemps que je n’avais pas couru un marathon complet. Heureusement, je courais déjà très régulièrement depuis un certain temps. À partir de mon inscription fin 2023, j’ai systématiquement augmenté mes séances d’entraînement hebdomadaires, ce qui signifie que j’avais déjà environ 2 250 km dans les jambes au départ. Deux mois seulement avant le marathon de New York, j’ai attrapé un gros rhume, ce qui a rendu plus difficile l’entraînement en sortie longue…”.
La préparation est la clé : il est essentiel de s’entraîner régulièrement, même après une période de maladie. Il est également bon de savoir que des revers comme la maladie peuvent affecter votre entraînement, mais que vous pouvez tout de même temps réussir à bien vous préparer.
3. Comment avez-vous réussi à réunir l’argent du parrainage ?
FRANK:
Mon épouse Pascale et moi-même avons un réseau assez large à qui nous avons écrit. Nous avons également partagé notre histoire sur différents réseaux sociaux, tant ceux de notre entreprise que ceux de certaines associations. Je suis donc très fier d’avoir réussi à récolter plus de 26 000 euros au total.
J’ai utilisé mon réseau de manière efficace pour collecter des fonds pour le parrainage. Cela montre à quel point il est important d’être entouré de personnes qui vous soutiennent, tant sur le plan émotionnel que financier. Partager mon histoire sur les réseaux sociaux est un outil puissant pour inspirer les autres et créer un engagement.
DAVID:
Tout d’abord, ma famille, mes amis, mes collègues et mes connaissances ont généreusement contribué à mon aventure marathonienne. En outre, j’ai mis sur pied une grande campagne avec le club de fitness De Parel à Alost : grâce à leurs efforts, 1.785 euros ont été récoltés et donnés. Cet engagement et ce dévouement m’ont profondément touché et m’ont donné une motivation supplémentaire pour persévérer.
J’ai également organisé des ventes de gadgets Cliniclowns – avec ma femme et un autre coureur Cliniclowns – dans les hôpitaux où l’ASBL est active. Il était important que ces actions soient proches de l’environnement des clowns. Pendant ces moments de vente, nous avons pu entendre des patients, des visiteurs, des médecins et des infirmières nous raconter de merveilleuses histoires sur la valeur du travail des Cliniclowns. Ces témoignages émouvants et inspirants m’ont conforté dans l’idée que j’avais bien fait de me lancer dans cette aventure”.
Enfin, nous avons également vendu des bonbons et placé des boîtes de collecte chez divers commerçants locaux. Cela nous a fait chaud au cœur de voir combien de personnes, chacune à leur manière, étaient prêtes à contribuer à cette œuvre de bienfaisance“.
4. Quel souvenir garderez-vous le plus de cette aventure marathonienne pour Cliniclowns ?
FRANK:
Le départ était déjà impressionnant, avec une version chantée en direct de l’hymne national, et ce deux jours avant l’élection ! Les applaudissements continus de la foule, du premier au dernier kilomètre, étaient également fantastiques. Deux autres moments très émouvants m’ont marqué : lorsque j’ai vu ma femme me soutenir sur la ligne de touche après 28 km, et lorsque je l’ai revue une deuxième fois à Central Park, près de la ligne d’arrivée.
D’ailleurs, il s’est passé quelque chose de spécial à la ligne d’arrivée. C’est là, bien sûr, que nous avons reçu la médaille tant attendue et le poncho orange. Le silence qui a suivi était très spécial – comme une image tirée de “Walking Dead” : tous les coureurs se sont repliés sur eux-mêmes, se précipitant vers leurs familles dans ce poncho orange. J’ai aussi beaucoup apprécié l’ambiance des différents quartiers de New York : Brooklyn, Queens, Bronx, … Magnifique ! Ou du moins jusqu’au kilomètre 30, après c’était surtout épuisant“.
Une anecdote amusante ? Je n’ai pas retrouvé ma femme après avoir terminé. Je n’ai pas pu la joindre car la batterie de son Iphone était à plat. Conséquence : j’ai marché 6 kilomètres de plus vers notre hôtel. Cette distance aurait pu être ajoutée aussi”. (rires)
Les émotions et les expériences vécues pendant le marathon, des acclamations de la foule aux moments passés avec ma femme, sont inoubliables. Je pense qu’il est important de chérir tous ces moments. C’est ce qui a fait de ce marathon une expérience unique.
DAVID:
C’est peut-être un peu cliché, mais toute cette aventure a été une succession de beaux moments. C’était une véritable montagne russe d’émotions. Au début, j’ai ressenti beaucoup d’incertitude car c’était la première fois que je jouais un rôle dans une collecte de fonds pour une association caritative. Toute la préparation a été un terrain inconnu, mais incroyablement satisfaisant au final”.
En parlant à tant de gens des raisons pour lesquelles j’ai décidé de participer, j’ai aussi dévoilé une partie de moi-même. J’ai partagé mon expérience d’enfant malade (leucémie) et la situation de ma fille (salpingite), des sujets dont je n’ai pas l’habitude de parler ouvertement. Cela a rendu cette aventure plus personnelle et plus significative que je n’aurais pu l’imaginer. Le contact direct avec les Cliniclowns eux-mêmes a été incroyablement précieux et a mis en évidence l’importance de cette cause.
En outre, j’ai apprécié de ne pas avoir à le faire seul. Le projet “Walk For Cliniclowns” a rassemblé tout un groupe de personnes. Tout au long de l’année, nous avons organisé des séances d’entraînement communes, au cours desquelles nous avons non seulement reçu des conseils pratiques de la part de l’organisation, mais aussi appris à nous connaître les uns les autres. Le fait d’être en contact avec des personnes partageant les mêmes idées, toutes unies par la même mission de courir le marathon pour cette organisation caritative, nous a donné un sentiment d’appartenance et de force. C’était une aventure qui allait bien au-delà de la simple course à pied – c’était une expérience pleine d’épanouissement personnel, de rencontres spéciales et d’un objectif commun qui nous a tous touchés.
5. Enfin, quel message souhaiteriez-vous transmettre à ceux qui envisagent de s’inscrire la prochaine fois ?
FRANK:
Mon parcours, du diagnostic à la guérison et à l’achèvement d’un marathon, est – je l’espère – un merveilleux exemple de persévérance. Il montre que même après une difficulté, on peut atteindre ses objectifs si l’on travaille dur et si l’on croit en soi. Mon histoire est également un rappel puissant de la résilience de l’esprit humain et de l’impact positif du sport et de la présence d’une communauté autour de vous.
Ne sous-estimez pas non plus l’importance d’une forte motivation. Le désir de courir un marathon pour Cliniclowns et l’impact que l’asbl a sur les enfants et les jeunes malades est un puissant facteur de motivation. Il est utile d’avoir un objectif clair en tête : non seulement pour soi, mais aussi pour les autres. Il est important de franchir le pas, même si cela semble effrayant ou intimidant. N’hésitez pas, faites-le et inscrivez-vous !
DAVID:
En effet, il faut oser se lancer, même si la tâche semble énorme ou difficile. Le processus ne vous mettra pas seulement à l’épreuve physiquement, mais aussi mentalement et émotionnellement. Mais croyez-moi, il vous apportera bien plus que ce que vous attendez. Cela commence par un petit pas, puis vous remarquerez que vous continuez à aller de l’avant, tant dans votre entraînement que dans votre développement personnel.
Le plus beau, c’est que vous n’avez pas à vivre cette aventure seul. Vous êtes entouré de personnes qui partagent la même passion et qui soutiennent une grande cause. C’est l’occasion non seulement de se mettre au défi, mais aussi de faire la différence dans la vie des autres. Alors n’hésitez pas : faites le premier pas et découvrez la force que vous avez en vous pour persévérer même dans les moments difficiles. C’est une expérience qui enrichira votre vie”.
Vous aussi, vous avez envie de courir un marathon au profit de Cliniclowns ? Visitez www.loopvoorcliniclowns.be pour toutes les informations sur l’édition 2025 du Marathon de New York.